Les plongées de CRECY-la-CHAPELLE (suite)


Comment, dans ces conditions, ne pas attraper le virus de l’archéologie. Naturellement, l’eau du Grand Morin n’a rien de comparable à celle de la Méditerranée. La visibilité normale n’y est guère que de deux mètres et parfois bien moins. Mais, avec un peu d’habitude, cela est grandement suffisant pour travailler efficacement.

 

 
un encrier en grés , un des objets les plus fréquemment trouvés à Crécy. Photo: C.Vidal

 

Le groupe est installé dans la Tour aux Saints, une tour venue tout droit du moyen-age. Amoureusement restaurée et mise en valeur au fil des ans par les plongeurs avec l’aide de la municipalité, elle abrite les plus beaux objets mis à jour. Le confort n’a en revanche rien de moyenâgeux. Une cheminée avec un feu de bois qui crépite, un décor fait de bois verni et ciré, une imposante maquette d’un vaisseau du XVIIIeme siècle, des moyens audiovisuels, une salle polyvalente aux murs de laquelle sont plaquées des vitrines au contenu étonnant, voilà le premier choc que reçoivent les candidats à l’archéologie subaquatique Créçoise.
 Puis, c’est la première plongée avec 10 kg de plomb à la ceinture. Ici, ce n’est pas de la plongée touristique, il faut rester sur place malgré le courant et consommer le moins d’air possible. Alors, pas de mouvements inutiles. Après une période d’adaptation relativement brève, la suceuse est confiée au novice, sous la haute surveillance d’un ancien. Mais le véritable débutant fait rarement de dégâts, il a plutôt tendance à ne rien toucher. Il faut alors l’encouragement de son compagnon pour qu’il ose trancher réellement dans le sédiment. C’est à la sortie de l’eau que l’on reconnaît le mordu, il a le sourire et s’extasie sur tout ce qui se trouve dans les paniers. Lorsqu’un brochet ou une perche passeront à quelques centimètres de lui, c’est une autre découverte, celle de la faune de nos rivières. Discrète, elle se dévoile à ceux qui s’intègrent au milieu. Loin de les effrayer, les activités de fouilles attirent poissons et écrevisses.

   

Quelques objets typiques de la vie des Créçois de jadis (moutardiers, encrier, pipes et tripode) . Photos: C.Vidal

 

 Les archéologues subaquatiques de Crécy continuent à miser sur l’avenir et développent un concept de sensibilisation original avec des stages organisés lors des week-end de l’Ascension et de la Pentecôte, ainsi que des « journées découvertes » proposées aux clubs de plongée. Le temps d’une journée, une dizaine de «découvreurs » ont la possibilité de faire connaissance avec l’archéologie en rivière. Toute visite commence par un tour de la ville, suivi d’une présentation de diapositives et de vidéos.

 

Quand enfin est venu l’instant de se glisser dans les eaux, chacun sait alors ce qu’il va voir et toucher. Ce qui n’enlève rien au plaisir de la découverte, car un chantier d’archéologie même installé dans cette paisible rivière d’Ile de France qu’est le Grand Morin n’est vraiment pas un spectacle banal.