à la recherche de la Fortunée
 
TECHNIQUE DE PROSPECTION

L’usage d’un magnétomètre n’ayant pas été couronné de succès, la prospection visuelle répétée n’ayant pas fourni d’éléments positifs, seuls les sondages avec engins ayant donné des artefacts rattachables à l’épave recherchée, il a donc été choisi de faire des sondages ponctuels.

L’importance du sable en ce lieu pouvant masquer l’épave, il a été choisi de procéder de façon systématique . Pour cela, il a été établi de travailler suivant un repérage aisé à mettre en œuvre construit avec des cordeaux déposables après chaque intervention. Ceci pour éviter de voir disparaître la résille lors des mouillages des plaisanciers. Une ligne base de 60 mètres a été tirée et subdivisée en trois segments de 20 mètres. Des triangles isocèles de 40 mètres de coté ont été tracés l’un après l’autre.

Des sondages à la lance hydraulique ont alors été faits de 3 mètres en 3 mètres le long du câble guide, la turbidité de l’eau empêchant toute appréciation de délacement des plongeurs, leurs références étaient une pige de 3 mètres (tube en fer) et le câble tendu sur le fond. De la sorte, il était impossible de manquer un fond de carène d’importance comme celui d’un bâtiment de 40 mètres. Par mesure de sécurité, la sortie de crique a également été explorée. La sonde hydraulique a été enfoncée sur toute sa longueur sans résultat. Le croquis intitulé « progression des sondages » permet de visualiser la stratégie développée. La « Fortunée » est représentée en trait discontinu.


Ci- dessus : Utilisation d'un magnétomètre sur le site et à droite sondages à la lance hydraulique

ELEMENTS ARCHEOLOGIQUES

Au terme de cette campagne et des investigations menées depuis 1989 nous ne pouvons que mentionner les trois éléments suivants.

Année 1984 - Les boulets et la courbe de bau dégagés en bordure du rocher plongeant en mer juste à l’entrée de la petite plage de la crique sont indéniablement des témoins de La Fortunée. Immédiatement ré-ensevelis ils n’ont pas été retrouvés lors de la campagne 2004. Le boulet était en fer et libre de toute concrétion et devait être de calibre 24. La courbe de bau était parfaitement conservée. Le bois était très probablement du chêne. Sa facture parfaite, la longueur de ses branches de l’ordre de 1,25 mètre ne laisse aucun doute sur son origine.

Année 2004 - Le passage à la lance de la bande de sable comprise entre le rivage et la ligne de base a révélé un épandage de lest large d’environ 3 mètres. Le matériau est du galet plat de granit totalement étranger à la composition minérale de l’environnement. L’épaisseur du dépôt est de 50 à 60 cm. Le sable s’est fortement infiltré dans les galets qui ne sont absolument pas liés par des oxydes métalliques. Les sondages faits n’ont pas révélés de bois sous les galets. L’interprétation de cette constatation est à notre avis impossible. Fiume Santu est un mouillage forain largement utilisé par les plaisanciers. Il a du être également utilisé par les anciens navigateurs.

Il est certain que « La Fortunée » a bien été perdue dans la crique du Fiume Santu. Si son épave existe toujours, elle nous a échappée. L’endroit est à surveiller. Une forte tempête, un fort débit du fleuve côtier ramèneront certainement des éléments au jour. La plage a déjà livré des ossements humains des morceaux de chaînes et autres vestiges du passé.